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Monastère Sainte-Barbe (Qiddisé Berbara) de Hamat |
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| Rapport d’expertise historique et patrimoniale |
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Le monastère de sainte Barbe, appelé Deir al-Qiddisé Barbara en arabe, est un site archéologique et religieux qui remonte à l’Antiquité tardive. Il est situé sur le plateau du promontoire d’al-Chaqaa que l’on appelle « Jabal al-Chaqaa » en arabe, et se trouve entouré d’un maquis sur les parcelles 992 et 994 d’un terrain waqf appartenant à l’église grecque orthodoxe de la ville de Hamat, dans le caza de Batroun de la Mohafazat du Liban Nord.
Le monastère n’est pas le seul monument cultuel du plateau du promontoire d’al-Chaqaa appelé aussi Théouprosopon (La Face de Dieu), ou Lithoprosopon (Wajeh al-Hajar en arabe), dont l’article de Davie M. et Sarkis-Salamé H. (1991) fait le point sur l’importance stratégique et religieuse de ce lieu.
Le monastère fait partie d’un ensemble de sept édifices religieux qui composent le haut-lieu de pèlerinage qu’était le promontoire d’al-Chaqaa situé sur la route historique de pèlerinage entre Constantinople et la Terre sainte et célèbre depuis au moins le Moyen Âge. Ce site attire encore de nos jours des pèlerins et des pénitents venant de plus de 150 km à la ronde.
 Le réseau routier du pèlerinage du plateau du promontoire d’al-Chaqaa
La carte dévoile l’importance stratégique du plateau du promontoire d’al-Chaqaa en tant que carrefour obligatoire du réseau routier littoral du pèlerinage chrétien. Comme la route de Hamat par Ras Nhach sur le côté sud du promontoire est sinueuse et pentue, la voie littorale par Hannouch est plus aisée.
Ce monastère de sainte Barbe est aujourd’hui en ruine. Il est composé de sept pièces distribuées entre les parcelles 992 et 994 et dont il ne survit que les assises des murs et d’autres petits aménagements. Mais ce lieu est toujours un site religieux en fonction. Ses deux espaces les plus sacrés et encore fréquentés de nos jours sont :
1 - Une chapelle dédiée à sainte Barbe et donc un lieu de prières et de liturgies hebdomadaires. Le croquis préliminaire ci-après en présente le plan, en attendant d’effectuer les sondages archéologiques prévus pour en révéler les assises des colonnes.

2 - Un oratoire (mazar) dédié à la Vierge Marie et réservé à des visites de dévotion quotidiennes, accompagnées de prières, d’offrandes et de cierges allumés.
Les autres pièces du monastère étaient apparemment réservées à la vie monacale. On y trouve une citerne, des étables, des cellules de logement pour les moines et une hôtellerie pour les pèlerins.
Les six autres églises du plateau du promontoire d’al-Chaqaa sont apparemment un ensemble urbain, formant la proto-Hamat. Ces églises étaient sans doute en réseau, et la présence des fresques à la chapelle Saint-Dimitri présage l’existence de peintures rupestres encore enterrées à Sainte-Barbe. D’ailleurs, la présence de traces de stuc sur les départs des absides de Sainte-Barbe semble confirmer cette présence.
Depuis plusieurs décennies, les lieux de culte jouent un rôle central dans l’identité des communautés chrétiennes de la région littorale du Liban-Nord.
Le département d’Archéologie de l’Université de Balamand est pressenti pour la fouille archéologique de reconnaissance et de dégagement de ce lieu sacré.
May Davie
Directrice de l’unité recherche PRAA-ARPOA
Université de Balamand
10 mai 2026
Autres publications sur le sujet :
DAVIE Michael F. et SALAME-SARKIS Hassan, 1991, « Le Théouprosopon (Ras es-Šaq’a), Étude Géo-Historique », Mélanges de l’Université Saint-Joseph, n° 52, pp. 2-48.
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© Université de Balamand, Mise à jour mai 22, 2026
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